Si on aurait pu croire
que la série Crash Bandicoot allait dépérir
après son abandon par Naughty Dog, le papa de la saga, il
n'en fut rien. Vivendi racheta l'affaire et confia les rênes
à la société Eurocom puis Traveler's Tales.
Ayant pour la peine un peu changé la donne en modifiant
légèrement le concept de ce jeu de plates-formes,
plusieurs opus assez différents virent le jour et ce Crash
Twinsanity en est le dernier exemple en date.

Si la franchise est née d'un jeu de
plates-formes où il fallait suivre un chemin
pré-défini, Naughty Dog rentabilisa un peu plus
l'investissement en nous offrant un superbe Crash Team Racing
excellent Mario Kart-Like qui eut droit à un épisode
PSone puis un second opus, bien moins convaincant, sur PS2 et Xbox.
Toujours dans l'optique d'innover, Crash Bash sortit ensuite en
singeant un certain Mario Party. Ensuite, le tout revint au concept
de base de la série en nous proposant un Crash Bandicoot :
La Vengeance De Cortex. L'épisode dont nous parlerons
aujourd'hui cherche une fois de plus à se démarquer
de ses frères en y insufflant un principe de
coopération qui apporte autant de possibilités que
d'humour.
Tout débute par une paisible
journée sur l'île du pt'it père Crash alors que
la belle Coco gambade joyeusement parmi les fleurs, insouciante
qu'elle est. Mais alors que ce charmant tableau se dessine sous nos
yeux, voilà qu'une main gantée de noir pointe un
fusil vers la belle, et l'assomme d'un tir paralysant. Vous l'aurez
bien sûr deviné, Neo Cortex est de retour mais cette
fois, il ne va pas uniquement s'agir d'enlever la soeurette de
Crash pour contraindre son ennemi à se rendre pour
éviter tout ennui ultérieur. Non, cette fois ce bon
docteur a besoin de Crash pour éradiquer une menace qui
plane sur l'île et c'est ainsi que les adversaires de
toujours vont devoir unir leurs forces pour déjouer les
pièges qui se dresseront devant eux. Viendra ensuite, pour
leur prêter main forte, la nièce robotique de Cortex,
Nina. L'aventure pourra alors véritablement commencer et
tout la petite troupe voyagera de dimension en dimension pour faire
la vérité sur les mystérieux Jumeaux qui ont
juré de se venger de Cortex.
Alors qu'on pourrait penser au vu des
screenshots que nous avons affaire à un énième
de jeu de plates-formes, ce n'est pas vraiment le cas. Vous
retrouverez bien entendu tout ce qui fait le charme de la
série, à savoir ses environnements colorés,
ses bad-guys attitrés, les mouvements du marsupial, mais
passé le tutorial qui vous expliquera la panoplie d'actions
qui sont à votre disposition, vous découvrirez petit
à petit que le jeu mise avant toute chose sur une
coopération entre les personnages, qui iront le plus souvent
par paire. Alors que Nina arrivera plus tard dans le titre, vous
pourrez dès le départ apprécier la bonne
entente entre Crash et Neo Cortex. Le tout commencera alors par une
phase où nos deux amis, roulés en boule, se battront
comme des chiffoniers tout en dévalant un tunnel
jonché de caisses de TNT. Vous devrez ici éviter les
pièges, rouler plus ou moins vite pour vous arrêter
sur des plates-formes montantes, etc.
Par la suite vous pourrez également
user de Cortex comme d'un marteau ou d'une planche de snowboard. En
sus, vous pourrez aussi balancer votre compagnon d'infortune (par
dessus un précipice par exemple) pour que ce dernier aille
actionner un mécanisme et ainsi vous ouvrir la voie. Alors
que la plupart des scènes seront en vue arrière,
d'autres seront en scrolling horizontal. Bien sûr, vous aurez
aussi l'occasion d'évoluer à 360 degrès dans
des environnements plus vastes et plus ouverts. En somme, le jeu
doit autant aux premiers Crash Bandicoot qu'à un vieux titre
comme Sleepwalker pour les phases à l'horizontal où
vous devrez ouvrir la voie à votre compagnon en
désactivant les pièges qui sont sur son passage.
Bourré d'humour, plutôt joli à regarder, le
titre a malheureusement pour lui quelques défauts qui lui
sont fortement préjudiciables.
Ces tares émanent en grande partie
du système de sauvegarde et du gameplay. Les
problèmes liés à la sauvegarde sont vraiment
énervants car si vous disposerez de plusieurs check-point et
d'une sauvegarde automatique, le fait est que les points de
sauvegarde sont trop éloignés, ce qui vous obligera
souvent à refaire des dizaines de fois une portion d'un
niveau avant de pouvoir enfin atteindre le point de sauvegarde
suivant. Très agaçant d'autant que pas mal d'endroits
sont souvent basés sur une connaissance parfaite des
pièges, ceci amenant alors une perte de crédits lors
des premiers passages. Bref, ça gave
énormément de devoir se retaper le même niveau
encore et encore, d'autant que la jouabilité est
perfectible. Si ceci ne vient pas nécessairement du
personnage qui se manie bien et dont les actions sont très
simplement réalisables, les angles de caméra ont
tendance à se bloquer derrière un
élément du décor ou à ne pas être
très étudiés, ceci étant surtout vrai
pour les passages en RollerBrawl. Les sauts ne sont pas non plus
des plus précis et on loupe souvent nos atterrissages. On
s'y fait bon gré mal gré mais c'est un peu
embêtant de ne pas être totalement à l'aise,
surtout dans un jeu de plates-formes.
Question environnements graphiques, rien
de bien neuf à l'horizon. Entre l'île de Crash, des
cavernes humides, une jungle, un glacier, des environnements plus
urbains ou futuristes, on touche ici du doigt un graphisme
très propre, quelques écrans de jeu vraiment
très jolis mais dont la 3D n'a rien d'exceptionnel. Par
contre mention spéciale aux boss du jeu qui sont imposants
à plus d'un titre. Venir à bout de chacun demandera
une tactique particulière, mais dans l'ensemble ils restent
malgré tout assez faciles à battre. On aurait par
contre pu avoir droit à une animation un brin plus coulante
pour les mouvements de base de Crash mais c'est vraiment un
détail. Concernant ces derniers, rien de bien neuf à
l'horizon puisque les sempiternels double-sauts, tourbillons et
autres glissades seront de la partie. La bande-son est, elle, d'un
bon niveau entre les musiques bien délirantes dans le style,
POW-WOW du pauvre, les bruitages cartoonesques ou le doublage
français plutôt bien foutu.
Si la première impression que
m'avait laissé ce Crash Twinsanity était très
bonne, j'avoue que j'ai un peu déchanté devant les
petits problèmes de maniabilité et les sauvegardes
trop éloignées nous obligeant à refaire des
passages bien trop longuets. Rajoutez à ceci des passages
qui demandent une connaissance parfaite du piège pour
être passés et vous obtenez un petit jeu rigolo,
bigarré et possédant quelques bonnes idées qui
montrent malheureusement un peu trop vite leurs atouts
limités. Un jeu frais et vraiment drôle par moments
mais qui tourne un peu en rond au bout de quelques
heures.
Les
Notes
-
Graphismes
14/20
Rien de neuf à l'horizon. Une 3D
proprette qui amène quelques décors très
jolis. Les environnements ne sont pas très originaux puisque
identiques à ceux des autres épisodes et on se
rabattra plus facilement sur les boss qui font preuve d'une stature
imposante. Quelques effets spéciaux sympathiques finiront
d'apporter la petite touche supplémentaire qui porte
Twinsanity au rang de jeu visuellement agréable.
-
Jouabilité 13/20
Les sauts manquent parfois de
précision et la caméra se bloque quelques fois dans
le décor. Ce n'est pas fréquent mais même sans
cela, on peine à vraiment être à l'aise avec
des angles de vues qui sont de temps en temps
capricieux.
-
Durée de
vie 14/20
Le jeu n'est pas un modèle de
longévité. Qui plus est, plusieurs passages demandent
une connaissance parfaite du piège pour être
passés, ce qui est vite gonflant. Une durée de vie
loin d'être catastrophique mais qui demeure un tantinet
légère.
-
Bande son
14/20
Le doublage français est bien
rendu, les bruitages font penser à, hemmmm, du Crash et les
musiques me plaisent bien de par leur côté bien
ringard ou bien exotique.
-
Scénario
-
-
Note
Générale 12/20
Crash Twinsanity, bien que distillant un
humour bien vivace et quelques passages originaux, s'essouffle un
peu après quelques heures d'exploration. L'idée des
interactions entre les personnages est bien vue mais il est dommage
que le tout n'a pas été poussé plus loin.
Malgré tout ces écueils, j'avoue que ce Twinsanity
est plaisant à parcourir, surtout quand on apprécie
depuis toujours la série de Naughty Dog, et qu'il devrait
convenir à tous les fans des marsupiaux qui se
respectent.